Une dernière fois
Samedi 27 septembre 2003
J’ai décidé que je ne parlerai plus de Goudy dans ce journal, en tout cas, je vais essayer. Il faut que j’arrive à passer à autre chose. La peine est là, en moi, et pour bien longtemps encore. Il ne sert à rien de l’entretenir ici. Il se peut que je l’évoque de temps à autre, mais j’aimerais que ça soit en d’autres termes.
Malgré tout, en dernier hommage à celle que j’ai tant aimée, quelques emails que j’ai reçus, qui prouvent à quel point Goudy était une chienne extraordinaire et combien l’empreinte qu’elle aura laissée derrière elle est profonde et remarquable…
Les emails sont classés des plus récents aux plus anciens.
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Marc,
J’ai bien reçu ton mail la semaine dernière, et je suis profondément triste pour toi… La coîncidence a voulu que ce jour-là je tombe sur des enregistrements d’FG, où l’on parlait justement de toi et de Goudy à l’antenne… Il y a des choses comme ça…. Bisous
Cyril (Boulogne Billancourt, France)
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Cher Marc,
Dans ce courriel, je vais te parler de Goudy. Je préfère te le dire au cas où tu préfères ne pas lire la suite.
Je viens de lire ton dernier message et j’ai une boule dans la gorge. Le même jour que vous, j’ai aussi été envahie par le vide de son absence. J’étais dans un taxi et je passais près du parc Beaubien… Elle me manque aussi terriblement, j’y pense très, très, très souvent, pour ne pas dire à peu près tout le temps. Peut-être que ce jour-là, elle était à hauteur d’homme et de femme dans son univers que je souhaite rempli d’eau, l’eau de la mer, et qu’elle est venue nous frôler…
J’ai du mal à libérer les pleurs qui sont là, je trouve ça dur, par moments, d’être seule avec ma peine. Aujourd’hui, j’avais envie de la partager avec toi. Quand je sens la mesure de ma propre peine, j’imagine la mesure décuplée de la tienne.
Je me souviens d’avoir adoptée Goudy dès que je l’ai vue, chez toi, lors de notre première rencontre. Jamais, je n’avais eu l’intention d’amener les chiens chez moi lorsque j’ai décidé d’offrir mes services pour garder des animaux. Mais, devant Goudy, je n’ai pas hésité et Shamy non plus. Tu sais, Marc, je n’ai pas beaucoup de personnes autour de moi, car je veux être vraiment présente aux êtres que j’aime. J’ai aimé Goudy comme si elle avait été ma fille, d’ailleurs c’était en quelque sorte ma fille adoptive.
C’est le plus gros deuil que j’ai vécu de toute ma vie. Quand, des fois, il me vient en tête que je ne la verrai plus jamais, je fais non de la tête, malgré moi.
Il y a Goudy et il y a toi : tu as été pour elle un être exceptionnel, tu as tellement bien pris soin d’elle et tu l’as tellement aimé. Elle a eu, grâce à toi, une bien belle vie sur cette terre. Elle t’a beaucoup donné parce qu’elle a beaucoup reçu. Et Goudy sentait les êtres et les choses. Jamais je n’oublierai certains de ses regards, parfois gais, parfois tristes ou mélancoliques.
Je suis sûre qu’elle veille sur toi maintenant. Je suis sûre qu’elle saura te guider et t’aider à traverser les embûches qui se dresseront sur ton parcours. Je suis sûre aussi qu’elle se roulera sur son tapis de verdure ou qu’elle tournera autour d’une table imaginaire lorsque tu seras heureux. Elle est à jamais auprès de toi qui a si bien su l’aimer, la chérir, la soigner, la protéger. Bien sûr, cela n’enlève pas la douleur de son absence dans notre univers, dans ton univers et dans celui de Cyril… et dans mon univers.
Je t’aime.
Marie (Outremont, Canada)
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Salut Marc, je viens d’ouvrir ton dernier mail, et je tiens à te faire part de ma profonde émotion. Je (je n’arrive même pas à trouver les mots) te soutiens dans cette douloureuse epreuve , m….. J’arrive pas à exprimer ce que je ressens. Bref, je me souviens qu’elle etait agée lors de ma derniere visite, et il est toujours difficile de se séparer de “ces bêtes”. Elle, elle ne l’etait pas. Bon vent Goudy.
Léonard (L’éguille, France)
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Marc ! I am so sorry to see that Goudy passed away ! You must be heartbroken ! Please email me if you need to chat ! I hope you and Cyril are doing well ! Hugs !
Mark (Fresno, USA)
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Oh my god Marc !!!!!! How are you doing ? I’m sorry to hear about Goudy. Thank you for sending me that beautiful tribute to her.
Michael (New York, USA)
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Mon cher Marc, toutes nos condoléances en mémoire de ce sympathique compagnon qu’était Goudy. Les enfants sont tout attristés comme nous d’apprendre sa disparition. J’espère que tu surmonteras sans trop de peine son passage dans le paradis canin. Nous t’embrassons tous les 5.
Frédéric (Paris, France)
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Coucou Marc !!! Je viens prendre de tes nouvelles! Comment se passe la vie sans Goudy ? Peut-être l’aperçois-tu encore dans la forme des nuages ,ou dans la pénombre au coin d’une rue. J’espère que tu arrives à surmonter ton chagrin ! Je voulais te dire que je pense à toi, et que j’attend de tes nouvelles ! Plein de bisous !
Frédéric (Montpellier, France)
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Marc, so very sorry to hear about Goudy. I hope that you area able to remember the best times and not be too lonely. Regards.
Paul (Montréal, Canada)
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Je suis de tout coeur avec toi dans ta peine et ta douleur.
Thierry (Paris, France)
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Salut Marc, je suis désolé d’apprendre que Goudy est maintenant dans un autre monde. Je suis bien triste pour toi.
Michel (Montréal, Canada)
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Je crois à rien, ni à dieu ni à diable, encore moins à l’enfer, au paradis, au purgatoire, aux limbes et à tous ces machins inventés pour terroriser et faire obéir les hommes. Mais je suis convaincu qu’il y a un paradis pour les chiens.
C’est une plage sur l’Atlantique, une plage sans fin où il fait toujours beau. Goudy y court sans se fatiguer, elle a retrouvé sa jeunesse, elle court même comme un jeune chiot, tu sais, un peu de côté, même que quelques fois elle se plante mais elle ne se fait jamais mal. Et le museau plein de sable, elle se relève et recommence. Elle court vers son maître, le rejoint, il la caresse… et ça recommence, pour toujours.
C’est con tu me diras mais je m’en fous. C’est ce qu’elle mérite et c’est ce qu’elle a, ce n’est que justice. Y a un enfer des chiens aussi, plein de pittbulls qui se mangent le cul mais ça c’est une autre histoire…
Michel (Laval, Canada)
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Chers Marc & Cyril, toutes nos pensées pour la petite qui s’est envolée au ciel……et pour vous.
Anthony and Chris (Suisse)
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Bonjour Marc, je suis vraiment navrée pour toi. Je sais la place qu’un animal aimé occupe dans une maison et dans un coeur. Peux-tu croire que je rêve encore parfois de mon chat alors qu’il est mort depuis 13 ans ? Je t’embrasse, prends bien soin de toi.
Hélène (Montréal, Canada)
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Ciao Marc, my most sincere condoleances. Big hug.
Guido (Rotterdam, Pays-Bas)
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Marc ! Je suis vraiment desolé pour ta chienne ! Je t’embrasse et pense bien à toi.
Éric (Saint-Jean Cap-Ferrat, France)
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Je suis de tout coeur avec vous dans ce dur moment. Soyez forts. Amitiés.
Aldo (Alfortville, France)
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Bonjour Marc, bien désolé d’apprendre la nouvelle
(( J’espère que tout va bien aller. N’hésite pas à me recontacter si tu as besoin de quoi que ce soit. Hugs.
Steve (Montréal, Canada)
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Salut Marc, je suis désolé pour ton fidèle compagnon… Je sais combien tu y etais attaché et j’imagine toute la peine que cela te fait. J’espère que malgré ce chagrin tu vas bien et poursuis ton bonhomme de chemin à Montréal…
Pierre (Paris, France)
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When an animal that has been especially close to someone dies, that pet goes to Rainbow Bridge. There are meadows and hills for all of our special friends so they can run and play together. There is plenty of food, water and sunshine, and our friends are warm and comfortable. All the animals who had been ill and old are restored to health and vigor; those who were hurt or maimed are made whole and strong again, just as we remember them in our dreams of days and times gone by. The animals are happy and content, except for one small thing; they each miss someone very special to them, who had to be left behind. They all run and play together, but the day comes when one suddenly stops and looks into the distance. Her bright eyes are intent; Her eager body quivers. Suddenly she begins to run from the group, flying over the green grass, her legs carrying her faster and faster. You have been spotted, and when you and your special friend finally meet, you cling together in joyous reunion, never to be parted again. Happy kisses rain upon your face; your hands again caress the beloved head, and you look once more into the trusting eyes of your pet, so long gone from your life but never absent from your heart. Then you cross Rainbow Bridge together…
Robert-John (Boston, USA)
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Bonjour Marco et Cyril.
Je viens d’ouvrir mes mails et de voir cette triste nouvelle, je ne sais pas quoi dire sinon vous envoyer mes sincères condoléances, je sais que Goudy representait beaucoup pour Marc. iI faut se dire qu’elle a été super heureuse avec vous parce que vous l’avez bien traitée, maintenant gardez que les meilleurs souvenirs dans votre coeur et ne l’oubliez jamais… Si vous avez besoin de quoi que se soit, faite-moi signe, j’habite à 2 pas…
Stéphane (Montréal, Canada)
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Sans compter tous les messages de sympathie donnés directement par Internet sur les chats ou de vive voix.
Merci à tous et toutes.
Cette si terrible absence
Jeudi 25 septembre 2003
C’est dur, différent de ce que j’aurai imaginé, plus difficile sans doute, d’une certaine manière… Ce soir, en tout cas, je n’ai pas réussi, j’ai été pris par surprise, je me suis senti submergé par la peine, envahi par la douleur d’une absence insupportable… Cyril et moi avions décidé de nous relaxer dans le bain, tous les deux, profitant d’une de nos bombes de bain parfumées… J’étais bien, serein, la tête vide, savourant cet instant paisible avec lui… C’est à ce moment que c’est arrivé, sans que je m’en rende compte… J’ai vu dans les yeux de Cyril le même sentiment, la même déchirure… Quelque chose, peut-être l’instant, nous a attrapés par surprise, nous a perdus.
« À quoi tu penses ? » ai-je demandé à Cyril. Je connaissais la réponse. Il a hésité à me répondre, la gorge sans doute un peu nouée par l’émotion. « À Goudy », lâché dans un souffle. « Moi aussi » ai-je répondu.
C’est alors que ça m’est revenu… Sa tête posée sur le bord de la baignoire, ses grands yeux me regardant, m’interrogeant, me questionnant, puis, résignée, faisant demi-tour et se lovant sur le tapis de bain, attendant patiemment que je sorte du bain, somnolant un peu, les yeux mi-clos…
J’ai éclaté en sanglots, comme au jour où elle est partie, sans pouvoir m’arrêter ni me contrôler… Peut-être commencé-je à vraiment réaliser son absence. Mais pourquoi si brusquement ? Cyril et moi avons pleuré tous les deux de longues minutes, dans les bras l’un de l’autre… J’aimerais qu’elle soit là à nouveau avec nous.
Elle me manque tellement…
604 800 secondes
Lundi 22 septembre 2003
Voilà, déjà une semaine… Le temps passe si vite, j’ai l’impression que c’était hier. J’ai encore du mal à comprendre, encore plus de mal à réaliser.
Elle est quelque part, ailleurs, mais toujours là.
Je n’ai pas envie d’en parler.
Je ne peux pourtant pas m’en empêcher.
Non, je ne veux pas.
Dormir ?
Dimanche 21 septembre 2003
Incroyable ! Ce soir, Cyril et moi avons regardé la fin du DVD du film Poltergeist que nous avions commencé hier soir et que nous n’avions pas été capables de voir en entier, endormis sur le canapé. Mais ce soir, même chose… Cyril, lui, a tenu le coup, mais moi, à 21 heures, je sombrais dans les bras de Morphée.
Que m’arrive-t-il ? D’où vient cette fatigue immense qui m’attrape n’importe où, n’importe quand ? Je ne fais rien de spécial, pas d’activité physique, pas d’occupation particulière qui justifie une telle lassitude. Plusieurs mois que ça dure, plusieurs années même. Et me voilà maintenant réveillé, sans plus aucune envie de dormir. Encore une nuit d’insomnie ? Je n’espère pas, je les redoute tant…
Je vais aller au lit, on verra bien…
Dimanche, encore un peu
Dimanche 21 septembre 2003
Le week-end se termine, je ne l’ai pas vu passer. Ma journée a été bien remplie. Un peu de mal à démarrer ce matin, puis finalement, je me suis mis sur mes rails, et je n’ai pas arrêté : parti acheter du tissu pour le rideau de Marie, couture (début du rideau), aiguille de la machine à coudre brisée, retourné chercher de nouvelles aiguilles, couture (rideau, suite et fin), tour chez Marie pour lui fixer sa tringle et installer le rideau… Quant aux stores en bois, ils ne sont pas aux bonnes dimensions. Déception, mais on rigole quand même… Rien n’est vraiment dramatique finalement et l’erreur est humaine. Malgré tout, Marie est ravie des changements dans son appartement. Retour à la maison, Cyril rentré, puis reparti chercher de la bouffe chez Fusée, de l’autre côté de la rue (pas envie de cuisiner ce soir, j’ai mal aux pieds, mal au dos).
Je pense à demain, à cette nouvelle semaine qui va commencer… Je pense à Goudy, évidemment.
Le ciel est couvert, le soir tombe, il fait presque nuit. Quand Cyril rentrera, il barrera la porte et tirera le rideau. Plus besoin de ressortir maintenant.
Je n’ai pas faim, juste un peu soif.
Elle me manque.
Sparkling eyes
Samedi 20 septembre 2003
La douleur est immense, l’absence terrible. Tout d’elle me manque. Je la cherche du regard, oubliant une seconde qu’elle n’est plus là. Celle que j’ai tant aimée, qui m’a tant aimé, sans se poser de question, simplement, totalement. Celle pour qui j’ai tout sacrifié, tout donné, sans qu’elle ne me demande jamais rien. Ma chienne, mon bébé adoré, est partie pour toujours, à jamais. Comment oublier ses yeux noirs, son regard plein d’amour, son pelage si doux ? Comment passer par-dessus cette peine, comment effacer ces dernières images terribles que j’ai d’elle ? Il le faudra bien pourtant, pour ne garder que ces bons moments, ses bons moments. Je l’aimais tant. Adieu, ma Goudy.
Cyril a beaucoup de mal à s’en remettre. C’est très émouvant d’ailleurs. Comment imaginer qu’il ait pu s’attacher à elle en si peu de temps ? C’est pourtant le cas, il adorait Goudy. Et c’était réciproque. C’est lui qui la sortait, lui préparait ses repas, et lui faisait ses piqûres sur la fin… Je n’en étais plus capable. Trop l’impression d’une action vaine. Pourtant, c’est sans doute ce qui lui a permis de vivre quelques semaines, quelques mois supplémentaires. Elle n’a jamais souffert, heureusement. Elle a eu une vie heureuse, elle passait avant tout et tout le monde. Cyril a vraiment du mal. Moi aussi. C’est dur…
Il travaille cette fin de semaine, je suis donc seul à la maison… je redoutais cet instant, j’avais peur de me retrouver seul avec moi-même, peur que l’absence me pèse encore plus. J’avoue que ça va à peu près. J’essaye de faire en sorte que ça aille. J’ai dormi une partie de l’après-midi, et traîne sur l’Internet, j’essaie de m’occuper, sans trop de conviction. Mes pensées sont toutes à elle… J’aimerais pourtant m’échapper de tout ça, ne serait-ce que quelques instants, mais c’est là, et n’est pas prêt à disparaitre… Il faudra du temps.
Je vais m’affaler sur le canapé, regarder un peu la télé…
De retour…
Mercredi 17 septembre 2003
Et bien voilà… Une année de passée… Une année de silence sur mon blog, une année tellement tumultueuse, agitée, imprévisible, terrible. Une année à oublier.
Repartons sur de bonnes bases…