Oops ! I did it again !
Vendredi 28 janvier 2005
Vraiment, je m’étais monté tout un film. Je devrais être scénariste.
Mon rendez-vous s’est très bien passé. Avant de rencontrer les grands patrons (oui, ils sont deux en fait, dont un est absolument canon, un mélange de Ben Affleck et d’Orlando Bloom), Paul, celui que j’ai vu les trois fois, m’explique ce en quoi consiste le travail pour lequel je suis embauché, me parle du salaire (qui est moins que ce que je voulais demander, mais toutefois plus que mon ancien poste, donc tout est OK), des congés (plus que la normale, et je pourrai peut-être négocier encore une semaine supplémentaire), des horaires de travail (de 9 heures à 18 heures du lundi au jeudi avec une pause d’une heure le midi et de 9 heures à 13 heures le vendredi, ce qui est vraiment très bien, génial pour le week-end), me présente à l’équipe (dont Bryan avec qui je vais avoir du mal à contrôler mes pulsions tant ce type est sublimement beau) et me fait visiter les locaux qui sont, contrairement à ce que j’imaginais, gigantesques.
Il semble que l’équipe et l’ambiance de travail soient assez sympas et que l’on jouisse d’une grande autonomie. Bref, tout semble plutôt positif.
Ensuite, rapide entrevue avec les deux boss… Ambiance très décontractée, cordiale, conviviale. L’un est le propriétaire de la chaîne Dollarama, l’autre est celui qui possède la version américaine de ces magasins… En fait, les deux entreprises ont fusionné il y a peu, c’est la raison pour laquelle il y a deux dirigeants. Ils me disent tous deux qu’ils ont vraiment aimé le test que j’ai fait la semaine passée. Puis, sur leur demande, je leur montre mon port-folio, qu’ils apprécient beaucoup. D’ailleurs, un de mes travaux semble susciter un intérêt particulier, au point que le play-boy pense à utiliser l’idée pour Dollarama… De plus, cette fois, on parle français, ce qui est assez surprenant, mais agréable.
Puis on se quitte là, je retourne voir Paul, il me demande si tout s’est bien déroulé, il semble super content. Lui aussi me dit qu’il a vraiment aimé mon test, et qu’il a été étonné de la rapidité avec laquelle je l’ai réalisé… Tant mieux, je ne vais pas me plaindre.
Puis on se quitte, non sans s’être mis d’accord sur mon jour d’entrée dans la boîte qui sera le lundi 21 février. C’est parfait, je vais avoir une semaine après notre retour de Cuba pour débronzer !
Alors, elle n’est pas belle, la vie ?
L’ombre d’un doute
Jeudi 27 janvier 2005
J’ai parfois une fâcheuse tendance à me raconter des histoires et à y croire.
Comme ce matin, par exemple, où j’ai subitement émis l’hypothèse que non, je ne l’avais peut-être pas encore, ce foutu boulot. Que mon rendez-vous de cet après-midi n’est en fait qu’une dernière entrevue, avec le grand patron cette fois, pour parler salaire, certes, mais également pour lui présenter mon port-folio, puisqu’on m’a demandé de l’apporter, afin qu’il ait la décision ultime de celui ou celle qu’il souhaite embaucher. Qu’une autre personne est encore en compétition. Que je peux très bien ne pas être l’élu.
Car, si on réfléchit bien, le type au téléphone m’a dit que j’ai été sélectionné (ou choisi, ou retenu, je ne sais plus trop) pour ce poste. Mais on peut comprendre ça un peu comme on le veut. Je peux très bien avoir été choisi parmi ceux qui étaient en compétition, mais suis-je celui qui remporte le poste ? Y aurait-il une troisième entrevue de sélection ? Même si rien n’a été dit dans ce sens, voilà que ça y est, je doute.
C’est malin…
Happy end
Mercredi 26 janvier 2005
Les entrevues passées ces derniers jours avec ces deux entreprises étaient les dernières que je m’autorisais avant de changer complètement de voie, de vie aussi.
Ça faisait plusieurs semaines que j’essayais de réfléchir à une reconversion, à une activité qui me plaise tout en me permettant d’en vivre. Ayant toujours été attiré par le commerce et ayant le contact facile (quand je le veux), je me suis imaginé créateur de bar musical lounge, puis, plus réaliste, propriétaire d’une boutique de jeux et jouets pour enfin terminer très sérieusement avec un Bed & Breakfast à la campagne ou un Guest House à Montréal. J’étais même prêt à en acheter un qui était à vendre, jusqu’à ce que son propriétaire décide de le conserver.
Je m’étais pourtant préparé psychologiquement à ces gros changements, et Cyril aussi, puisque pour ce genre d’aventure, il faut pouvoir s’investir à deux.
Et puis voilà, j’ai un boulot.
Du coup, tout est à nouveau remis en question… mais rien n’est abandonné. Je ne dis pas qu’un jour, je ne l’aurai pas, ce guest house. Simplement, il arrivera plus tard. Cet emploi qui m’est offert va me permettre de me reposer l’esprit et de voir le futur non plus dans l’urgence, mais dans la réflexion et la raison.
C’est, je crois, ce dont j’ai besoin aujourd’hui.
Du coup, notre semaine à Cuba va être encore plus appréciée, reposante et profitable : j’aurai un travail à mon retour. Je vais enfin pouvoir commencer à écrire cette histoire que j’ai dans la tête depuis si longtemps et qui ne demande qu’à être racontée, mon esprit étant totalement disponible pour l’écriture. Et il est fort possible que mes recherches de propriétés dans les Laurentides ne soient pas totalement inutiles : j’ai comme une envie de jolie maison dans les bois, au bord d’un lac, dans laquelle nous pourrions nous reposer les fins de semaine et peut-être louer le reste du temps. Une maison dans laquelle vous, derrière votre écran, mes fidèles lecteurs anonymes, mes chers compagnons invisibles, seriez tous conviés.
Une belle maison qui pourrait bien faire partie d’un avenir enfin plus radieux, enfin plus serein… enfin plus heureux.
I did it !
Mardi 25 janvier 2005
Eh bien voilà. Un petit coup de fil ce matin pour m’annoncer que j’ai la job, comme on dit ici. On rigolait, on rigolait, mais maintenant, c’est du sérieux : je vais bosser pour Dollarama…
J’ai rendez-vous jeudi après-midi pour rencontrer Ze Big Boss et parler salaire…
2005, I’m gonna kick your ass !
Bof
Lundi 24 janvier 2005
J’aurais pu raconter comment s’est déroulé mon rendez-vous de ce matin chez Transcontinental… Mais décrire une entrevue de plus d’une heure avec une jeune femme aussi vive et intéressante qu’un saumon mort, qui pose une centaine de questions se situant quelque part entre le test psychologique d’un magazine féminin et l’examen d’intelligence pour énarque, ça n’a rien de passionnant.
Je m’abstiendrai donc.
L’arti-show
Dimanche 23 janvier 2005
On pourrait discuter des heures sur ce qu’est réellement l’art moderne, sa définition, son utilité, sans jamais tomber d’accord. Que peut-on dire en voyant la toile ci-dessus ? Que l’art (abstrait), s’il existe encore, n’est plus qu’affaire d’argent, et non d’émotion ? Certains parleront de talent, d’autres de hasard. En ce qui me concerne, j’essaie d’oublier qui a fait tout ça (j’ai beaucoup de mal à parler d’artiste et d’œuvres) et j’y vois de belles choses, sensibles, intéressantes, empruntes d’une grande force, d’une grande énergie, un certain talent, un talent certain…
Non, je déconne. À part celle-ci, 95 % de ses peintures n’ont aucun intérêt, les 5 % qui restent peuvent, à la limite, étonner. J’aurais dû penser à ficeler un gros pinceau à la queue de ma chienne quand elle était encore là, je serais aujourd’hui milliardaire et Goudy aurait eu sa statue.
Des gens formidables
Mercredi 19 janvier 2005
Hier soir, Cyril et moi étions en train de regarder la télévision dans la chambre (American Idol 4, on ne peut pas rater ça !), confortablement collés l’un contre l’autre, lorsque le téléphone sonne. Il est neuf heures et il est rare qu’on nous appelle à cette heure-là. Je saisis le combiné, regarde l’afficheur… le numéro qui s’inscrit m’est inconnu. Je n’aime pas trop ça, mais bon, je réponds tout de même.
C’est Madame P., notre banquière, l’employée qui s’occupe (entre autres) de nos comptes.
- Bonjour Marc, ça va bien ? Je ne te dérange pas ?
- Non, pas du tout !
Je suis inquiet car, en général, une banque qui appelle le soir tard à domicile a quelque chose de grave à dire ou à annoncer.
- Je suis tombée par hasard sur un article intéressant qui peut t’aider, dans le journal « Métro » de ce matin et j’ai tout de suite pensé à toi, mais je ne voulais pas t’appeler de la banque, car j’ai toujours l’impression de devoir me presser, il y a les clients, c’est difficile… Et puis comme ça, on peut se faire une petite jasette !
J’avais appelé Mme P. il y a une semaine pour lui présenter mes vœux et lui avais parlé de mes projets, sans omettre de lui demander si la Caisse Populaire Desjardins (ma banque donc) offrait des aides ou un support aux personnes désirant s’installer en affaires. Elle m’avait répondu qu’à sa connaissance, non, mais qu’elle allait se renseigner, et que si elle voyait quelque chose susceptible de m’aider, elle me préviendrait.
Eh oui, Mesdames et Messieurs. Ici, les employés de banque sont vraiment nos amis. Ici, ils pensent à vous n’importe quand, et pas juste parce que vous avez un découvert où qu’un nouveau placement à intérêt avantageux existe. Ici, on parle à des gens, et ils vous écoutent.
Donc, hier soir, nous sommes restés une demi-heure au téléphone. Elle m’a lu l’article du journal, j’ai pris des notes. Je lui ai parlé de ce que je voulais faire, lui ai demandé son avis, elle m’a écouté, m’a approuvé, m‘a encouragé.
- Tu sais Marc, le tout, c’est de croire en toi et en ce que tu veux faire. Si tu y crois, n’importe qui y croira. Moi, tu m’as déjà convaincue. Et puis, ça me ferait de la peine si vous quittiez le Québec… J’aimerai ça que vous restiez !
Si vous décidez de venir vous installer ici, à Montréal, ou si vous y êtes déjà, allez donc ouvrir un compte à la succursale Desjardins d’Outremont. Vous verrez, vous ne serez pas juste un client. Vous pourriez bien devenir un ami.
Pincez-moi…
Mardi 18 janvier 2005
Alors que je pensais que plus personne ne voulait de moi dans le monde du travail, voilà que le rendez-vous de la semaine dernière a bien fonctionné, puisqu’ils m’ont rappelé hier et veulent me rencontrer à nouveau jeudi après-midi.
Et comme pierre qui roule doit quand même un peu amasser mousse, j’ai eu un appel ce matin de Transcontinental-Transmedia, ils veulent me rencontrer lundi prochain. Cette fois, le poste est bien plus intéressant, puisque la compagnie recherche un directeur de la conception, responsable entre autres d’une équipe de dix personnes, et qu’ils pensent que j’ai le profil.
Je ne suis plus habitué à tout ça, moi… Je vais me réveiller quand ?
Le nouvel an ploie mais ne romp pas
Lundi 17 janvier 2005
— Allo ?
— Bonjour Monsieur, je voudrais parler à Marc G. s’il vous plaît…
— Oui, c’est moi.
— Bonjour Monsieur G., ici Emploi Québec, j’aimerai savoir si vous aviez retrouvé un emploi ?
— Non, toujours pas.
— Très bien, merci ! Je vais pouvoir mettre votre dossier à jour, au revoir.
— … ?
Le ver dans la pomme
Mercredi 12 janvier 2005
Nous savons tous que, dans le monde de l’informatique, tout vieillit beaucoup plus vite qu’ailleurs, qu’un ordinateur est considéré comme up-to-date pendant tout au plus six mois.
J’ai beau aimer les produits Apple, mais au bout d’un moment, ça devient ridicule. Leurs produits sont quand même assez chers, et c’est vraiment frustrant d’avoir l’impression que la machine que l’on vient d’acheter est aussitôt dépassée, presque obsolète. S’écarter du but pour lequel un produit est originellement conçu et sortir quelque chose qui n’existe que pour créer l’évènement est, selon moi, une mauvaise stratégie commerciale. Le design ne fait pas tout. Ça finit par lasser.
Et ça m’énerve.


