Atterrir…
Dimanche 6 février 2005
Il est environ dix-neuf heures et nous sommes quelque part au-dessus de la terre à plus de trente mille pieds d’altitude… haut, très haut au-dessus des nuages, tout comme mes pensées…
Ces dernières 24 heures ont été hallucinantes. Je ne comprends toujours pas tout ce qui s’est passé depuis hier. Trop vite, trop fou. Pourtant, tant de choses ont changé en si peu de temps qu’il m’est difficile de penser qu’il y a encore un mois, un tout petit mois d’une vie d’homme, je voulais tout laisser tomber et retourner en France, tant le désespoir et la détresse m’envahissaient.
Alors que nous venons de terminer le repas servi à bord de ce vol à destination de Cayo Coco, que la nuit est tombée, qu’une apaisante pénombre règne dans l’avion, mon esprit divague et tente de trouver une quelconque logique aux événements de ces derniers jours.
Ce nouvel emploi, l’appartement parisien enfin vendu, ce voyage à Cuba, et surtout l’achat de cet appartement, survenu incroyablement vite, me perturbent. Bien entendu, je ne me plains pas, ce n’est pas dans mes habitudes. Mais il semble que ma vie doit être une succession rapide de circonstances, d’accidents, de situations qui entrent en scène presque tous en même temps, sans me laisser aucun répit.
Ça a été le cas lors de ces seize derniers mois particulièrement éprouvants, et il semble que les choses plus positives prennent le même rythme effréné. C’est tout simplement ahurissant. J’avais oublié la couleur du bonheur, le goût du plaisir, l’odeur du bien-être. Je redécouvre tout cela maintenant, sans trop y croire, en me demandant si ce que je vis est réel, s’il n’y a pas une erreur quelque part, si je mérite vraiment tout ce qui m’arrive depuis le début de l’année.
L’appartement, par exemple. Je n’arrive toujours pas à réaliser que, ce matin, j’en suis devenu le propriétaire. Je suis heureux et anxieux en même temps. C’est la première fois que je fais un achat aussi important, aussi rapidement. À peine quatre jours, juste 96 heures entre le moment où j’ai su qu’il était à vendre et la signature du contrat. Incroyablement rapide… Malgre tout, je sais que ce n’est pas une bêtise, que j’ai bien choisi mon investissement. Le duplex est véritablement superbe. Mais c’est difficile de réaliser qu’il m’appartient, que nous allons y vivre, Cyril et moi… Que c’est le symbole d’une nouvelle vie ici.
On vient d’annoncer que l’avion amorce sa descente, nous allons bientôt atterrir pour nous retrouver sur la terre ferme. Il va falloir que, dans ma tête, je fasse de même…
