L’odeur des souvenirs
Lundi 31 octobre 2005
Gros retour sur moi-même hier soir. Sur mon passé, mon enfance.
Il suffit d’un pas grand-chose, d’un petit rien, et la machine à remonter le temps se met en marche. Là, une simple visite sur le site d’un passionné de Pif Gadget, et le tour est joué : je me replonge plus de trente ans en arrière.
L’odeur du magazine, de son encre fraîche, la mauvaise qualité du papier, la couverture cartonnée… et puis aussi, les endroits où ma mère l’achetait. L’odeur de papiers imprimés de la petite librairie proche de là où elle travaillait, celle de tabac hollandais, plus épicée, de la maison de la presse dans la ville voisine, ou encore, cette boutique librairie-jouets-souvenirs des vacances, toujours bondée de touristes, proche de la plage, qui sentait le sable sec et chaud. Et comme un souvenir en amène un autre, que les images s’enchaînent rapidement dans ma tête, que les arômes frappent mon nez sans crier gare (c’est d’ailleurs étonnant comme la plupart des souvenirs sont liés aux odeurs !), je me trouve bien vite à repenser à tous ces petits détails, à toutes ces petites choses sans importance qui marquent pourtant de façon indélébile notre inconscient pour mieux ressurgir bien des décennies plus tard.
Je ne sais pas pourquoi, mais les images qui me viennent de cette époque sont presque toujours baignées d’une forte lumière blanche. Les couleurs sont un peu passées, délavées, comme surexposées, presque aveuglantes. Plus je remonte loin dans mes souvenirs et plus cette particularité est présente. Je ne sais s’il en est ainsi pour tout le monde, mais je suis toujours troublé par ces visions qui rendent les souvenirs un peu plus tristes et mélancoliques. Comme si tout ce que je revois m’échappe, s’efface un peu plus chaque fois que j’y repense.
Malgré tout, j’aime ces moments où je me perds dans mes pensées, où je retrouve ces instants à jamais perdus, où certaines choses ressurgissent à ma mémoire alors qu’elles avaient totalement disparu. Où je revis en des lieux que j’avais oubliés. Où je revois ceux que j’ai aimé et qui ne sont plus. Emporté par ce tourbillon d’images et d’émotions, je finis presque toujours par m’endormir, juste un instant, quelques minutes, juste le temps de les retrouver.
Et dans mes rêves, je revois toujours le tendre sourire de mes tristes fantômes… Pour ces quelques minutes d’éternité, le temps enfin n’existe plus.
Stars Best Friend
Samedi 22 octobre 2005
Soi-disant trop âgé pour participer à American Idol (Nouvelle Star en France), il à trouvé un autre concours et a tenté sa chance. Il a bien fait : mille candidats au départ, 24 sélectionnés, et il est parmi ceux-là. Mercredi dernier, il passait une autre étape en se retrouvant en quart de finale. La semaine prochaine, espérons que les juges le laisseront accéder à la demi-finale. Ils ne seront alors plus que seize.
En attendant, il termine son album. Mais s’il gagne le concours, il aura une toute autre visibilité : l’Amérique du Nord au complet, avec des passages TV à foison, puisque le prix du concours est une publicité à diffusion massive. Et c’est ce qu’il recherche. Il est super beau, il chante super bien, c’est mon ami Troy Joseph. Je lui souhaite bonne chance.
Sinon, dans la série I’m the stars best friend, elle a appelée hier soir, histoire de prendre des nouvelles… Je lui ai dit que ça faisait un petit moment qu’on n’en avait plus de nouvelles justement, elle a répondu que oui, elle sait, mais qu’elle a été très occupée ces derniers temps. Je lui demande si elle a un peu bossé, si elle a quelque chose de nouveau, elle me répond en riant que oui, ça se pourrait bien, va sur MSN, je t’envoie quelque chose. Download. Tiens, c’est pour toi. Ah bon. Merci. C’est une première mondiale, il paraît. En plus, même pas la version radio qui sort ces jours-ci, mais une autre, encore inédite, remixée. Elle peut faire la maline, elle sait qu’elle va encore cartonner.
Bon, allez, je raccroche, qu’elle me dit en rigolant. Tu m’étonnes…
Mix de weekend
Vendredi 21 octobre 2005
J’aurais bien voulu faire tout un tas de choses agréables aujourd’hui, comme par exemple de la musique que je n’ai pas pratiquée depuis un bon moment, et ça me manque. Mais voilà, la nuit blanche que je viens de subir — une fois de plus — m’a ôté toute énergie… Du coup, j’ai passé ma matinée à traîner comme un zombie, puis je me suis mis à faire du ménage (ce qui n’était pas vraiment une tâche superflue, avouons-le).
Alors, pour combler un peu ma frustration et mon manque de création sonore, mais aussi parce que ma générosité est absolument sans limites, car je suis la bonté même, je place ici un petit mix qui saura, je l’espère, vous faire bouger le popotin pendant ces deux jours chômés qui arrivent, voire plus si affinités.
Bon, deux heures cinq de musique tout de même, ce n’est pas rien. C’est donc plutôt réservé à ceux qui possèdent une connexion haut débit.
Montreal Highways
Jeudi 20 octobre 2005
Ça y est, c’est fini. Au boulot, la préparation du salon new-yorkais est enfin terminée, les derniers éléments ont été achevés aujourd’hui. Du coup, le calme suit la tempête après environ cinq semaines d’activité intense. Tout le monde est parti à New York, il n’y a plus rien à faire pour les quelques jours qui viennent. Les objectifs sont atteints, on peut souffler, on respire.
Je profite de cette accalmie temporaire dans le travail pour récupérer quelques heures supplémentaires parmi celles, nombreuses, que j’ai accumulé : je suis en congé demain et lundi prochain. Un long week-end de quatre jours qui va me faire le plus grand bien.
Et comme pour fêter ça, après plusieurs journées de pluie ininterrompues, le ciel de ce soir était dégagé et teinté d’un rose du plus bel effet. Quelle idée saugrenue m’a poussé à me saisir de l’appareil-photo numérique posé sur le siège passager de la voiture et à filmer une partie de mon trajet de retour, je ne sais pas. Mais toujours est-il que c’est ce que j’ai eu envie de faire, et voilà le résultat : pratiquement dix minutes d’autoroutes, de voitures, de musique. La 20 Ouest puis l’autoroute Ville-Marie avec les buildings du centre-ville, son tunnel qui passe en-dessous, et un final sur (et sous) le pont Jacques Cartier dont les Montréalais sont si fiers (ce qu’il faudra bien m’expliquer un jour tant cette construction lourde et massive est laide).
Le dernier plan, symbole de la ville, est une dédicace spéciale à Laurent, fraîchement rentré en France et à qui Montréal (et son homme) doivent bien manquer un peu.
Banalités
Mardi 18 octobre 2005
Un peu énervé, un peu de mauvaise humeur… beaucoup fatigué. Ce soir, depuis longtemps, le moral n’est pas totalement au rendez-vous. Trop de travail use, sans doute.
Ambiance un peu tendue au boulot cet après-midi suite au cabotinage d’un collègue : une discussion animée pendant la pause repas, une susceptibilité un peu trop à fleur de peau, et le voilà qui fait la gueule. Toute l’après-midi quand même. Ridicule, puéril, mais ça lui passera. Se souvenir que les pro-québécois sont particulièrement susceptibles et acceptent difficilement la critique.
Une fois rentré à la maison, je deviens bougon. Un rien m’irrite et Cyril m’énerve sans raison. Là aussi, ça passera. C’est même déjà passé.
Le quotidien nous rattrape, nivelle tout. Il va bien falloir s’y faire.
Nuit blanche
Lundi 17 octobre 2005
Des envies, mais pas celle de dormir… une fois de plus.
Shining viewer’s cut
Vendredi 14 octobre 2005
D’un côté, un écrivain en manque d’inspiration, qui tente désespérément de terminer son livre. De l’autre, un gamin à la recherche d’un papa… Le tout, un film de Stanley Kubrick, une comédie romantique, Shining.
Pardon ?
Oui, vous avez bien lu. Shining, film d’horreur, devient une bluette familiale grand public. Ou, du moins, juste la bande annonce concoctée par un certain Rob qui a participé à un exercice de style bien particulier : choisir un film, n’importe lequel, en extraire certains passages et les remonter de telle sorte à créer un trailer qui soit dans un genre totalement différent de l’oeuvre d’origine.
Le résultat est tout simplement impressionnant.
À voir aussi, West Side Story en version film d’horreur…
…et Titanic à la sauce fantastique (retiré à la demande de YouTube).
Crépuscules du matin
Jeudi 13 octobre 2005
L’un des nombreux avantages de ce nouvel appartement est que les toilettes, dans la salle de bain, se trouvent juste à côté de la fenêtre. Du coup, lorsque je me lève le matin et que, sans doute comme tout le monde, je fais ce que j’ai à faire, je m’occupe les yeux en admirant la vue panoramique qui s’offre à moi avec, au loin, le mont Saint-Hilaire. Mais surtout, je suis le spectateur privilégié de levers de soleil incroyables. C’est l’avantage d’être au-dessus des toits !
Il est très fréquent que l’aube se donne ainsi en spectacle. Les couleurs du soleil qui apparaît lentement à l’horizon transforment le ciel en une palette de teintes brûlantes. Jaunes, orangés, rouges, pourpres violents et vibrants… Une explosion colorée qui me rappelle les aurores sanglantes que je ne voyais que sur mon île.
Le ciel est si grand qu’on peut le voir de partout. Mon pays se rappelle à moi par-delà les cieux, l’espace que quelques petites minutes, quelques petites secondes d’éternité.
Sexe et confidences
Mercredi 12 octobre 2005
J’assume toujours tout ce que je dis.
Mais concernant le billet précédent, pas ici. Pourtant, je veux (presque) tout raconter, confortablement, sans censure et sans choquer. C’est pourquoi le carnet Sexe & confidences saura mieux accueillir ces textes.
Je me sens bien plus à l’aise comme ça.
