Romance
Lundi 27 février 2006
Spleen blanc
Dimanche 26 février 2006
Je sais qu’il en est ainsi chaque année à même saison, mais je n’en peux plus de ces températures polaires, de ces moins vingt-cinq quasiment quotidiens, de ces trottoirs gelés qui glissent comme des patinoires, de ces routes blanchies par le froid, de ces tempêtes de neige, de cette glace qui prend tout.
Je m’ennuie de la lumière printanière, je veux revoir de l’herbe verte et des feuilles aux arbres, mais je sais qu’il me faudra patienter trois mois avant de constater des changements de couleur autour de moi. Je veux des fleurs, des odeurs de pollen, des abeilles et des chants d’oiseaux.
J’ai juste envie de me sentir moins prisonnier de cet univers monochrome.
Spectre
Mercredi 15 février 2006
Je suis ici, tout près de toi, mais tu ne me vois pas. Si tu tends la main, tu ne pourras pas me toucher. Je suis là, invisible. Je t’observe, je te surveille, sans que tu ne t’en aperçoives.
Tu peux parfois sentir ma présence sans t’en rendre compte. Juste un léger souffle sur ta nuque, une ombre fugace dans le reflet de ton miroir, un craquement quelque part dans ta maison.
Je suis là.
Je ne suis pas seul. Ils sont des milliers, des millions avec moi. Mais je suis le seul qui s’intéresse à toi. Parce que, sans le savoir, tu m’as appelé. Sans le vouloir, tu m’as sollicité, et maintenant, je suis juste là, près de toi, en toi. Tu sens cet air glacé ? C’est moi. Tu sens ce regard sur toi alors que tu es seul ? C’est moi. Tu sens cette odeur sèche ? C’est moi. Tu sens parfois ton poil se dresser sur ta peau ? C’est moi.
Je ne fais que t’observer, rien d’autre encore. Mais le moment viendra… crois-moi. Et tu sauras pourquoi tu m’as appelé.
Et tu le regretteras.
Inquiétudes
Samedi 11 février 2006
Je dors mal. Juste quelques heures par nuit… trois ou quatre, à peine. Il suffit d’une petite contrariété, d’un petit incident, pour que mon sommeil en soit perturbé. Déjà insomniaque, je suis devenu bileux et je n’aime pas ça du tout.
J’ai pourtant toujours été une personne assez sensible, mais c’est comme si ce trait de caractère s’accentuait avec le temps, me rendant très anxieux à la moindre anicroche. Le pire est que je ne sais comment lutter contre cela. Je ne connais pas de solution et je pense qu’il n’y en a tout simplement pas. Il me faut apprendre à relativiser les choses, à prendre du recul avec les événements, à mieux contrôler mes émotions. À être moins susceptible aussi, à avoir plus confiance en moi.
Fichtre, que je n’aime pas être ainsi ! Ça me fait vraiment horreur. J’ai besoin en permanence de me sentir en sécurité, d’être rassuré… je ne supporte pas l’échec, même minime.
Cette situation me rend tant malheureux que je songe de plus en plus à aller voir un psy, moi qui ai toujours refusé de le faire ! Pour moi, en arriver là est en quelque sorte un constat d’échec… mais il faut parfois accepter de se faire aider et si c’est une solution pour vivre mieux, pourquoi ne pas l’envisager ?
Cette hyperémotivité m’isole. J’ai peur qu’elle m’aigrisse… Je déteste ça.
Widget R.P.
Dimanche 5 février 2006
Pour ceux d’entre vous qui tiennent à être au courant des billets publiés ici et qui, en plus, utilisent le Dashboard de leur Mac, j’ai créé un petit widget à leur intention. Un widget est une mini-application dont l’accès est instantané. Enfin bon, ça n’intéressera que les possesseurs de Mac qui savent déjà ce que c’est.
Le widget en question est téléchargeable ici (compressé en .sit). et permet de lire les premières lignes des billets directement dans le Dashboard. Cliquer sur le titre ou le corps d’un billet permet d’y accéder dans son intégralité sur le carnet lui-même. C’est une version 1.0 comportant quelques petits bugs qui seront corrigés lors d’une prochaine mise à jour.
Addenta : Je viens de découvrir que mon widget se trouve maintenant en téléchargement sur le site d’Apple.
Orage
Samedi 4 février 2006
J’aime me retrouver chez moi, sur mon île, en pleine nuit et me faire réveiller par le bruit de la pluie. J’aime ouvrir les volets et regarder le ciel immense et la lumière des éclairs qui l’anime. J’aime sentir le danger auquel la nature me confronte en sortant dehors, sous l’averse qui redouble, pour observer le spectacle. J’aime entendre le roulement du tonnerre qui n’en finit pas, et gronde comme pour me prévenir que je suis tout petit au milieu de rien. J’aime deviner le silence qui hurle autour de ce raffut assourdissant. J’aime voir la colère du ciel s’éloigner enfin à l’aube, lentement, en faisant rouler ses gros nuages noirs vers d’autres horizons. J’aime être au milieu du chemin et écouter la nature qui s’éveille doucement, puisque le jour s’en vient et que le danger s’en va. J’aime être là, debout, et fermer les yeux… me sentir vivant.
Souvenirs…
Mercredi 1 février 2006
Sans doute à cause de l’éloignement, peut-être parce que je vieillis, je repense souvent à ces instants où j’étais plus jeune, où j’étais encore un enfant.
C’est drôle, mais il y a toujours beaucoup de lumière, beaucoup de soleil dans mes souvenirs, mais surtout cette sensation de fraîcheur, à la limite du froid, que j’ai l’impression de ressentir, comme si l’air frais d’un matin de printemps entrait par la fenêtre ouverte. La fenêtre de ma chambre d’enfant.
Je me souviens de plein de choses, des détails pour la plupart, mais qui sont très vifs à ma mémoire. Il y a aussi ces odeurs qui ne s’effacent pas. Je me souviens en particulier de l’odeur de l’eau de javel que ma mère devait utiliser pour laver les linos de l’appartement dans lequel nous habitions les sept premières années de ma vie. Aussi, l’odeur délicate de son parfum au creux de son cou, et léger sur son gilet.
C’est vraiment étrange, mais il y a toujours l’image de cette fenêtre ouverte laissant entrer la fraîche brise matinale, faisant doucement bouger les voilages, laissant entrer les sons extérieurs, les chants d’oiseaux pour la plupart, et ceux plus discrets de la vie dont n’importe quelle petite ville est animée.
Et puis aussi, la télévision en noir et blanc, son image déformée, typique des vieux postes des années soixante. Les émissions incontournables dont les génériques résonnent encore dans ma tête…
Et ce soir de 1979 où nous sommes revenus à la maison avec une télévision couleur. Je me souviens de mon émerveillement en découvrant ces images colorées, éclatantes. Le cinéma du dimanche soir, la publicité, le générique d’Antenne deux.
Je me souviens tellement de tout…



