Hypocondriaque ?

Jeudi 27 avril 2006

Quelque chose en moi se détraque. Le mécanisme se grippe, la machine commence à ne plus bien fonctionner. Plus que certains signes évidents, je sens au plus profond de moi-même que la dégénérescence, si elle n’a peut-être pas encore tout à fait commencé, est à la porte de mon corps.

Ce talon qui me fait souffrir depuis deux ou trois semaines au point de me faire boiter au réveil. Ces problèmes d’estomac et de digestion. Cette fatigue latente. Ces baisses subites de moral.

Voilà, ça y est. C’est à mon tour.

Je pense à aller voir un médecin pour lui parler de tout ça. Mais je n’ai pas encore franchi le pas. Je sais que j’ai peur de ce qu’il pourrait me dire. Diabète ? Cancer ? Ah, celui-là, je l’attends de pied ferme. Je sais qu’il sonnera à coup sûr à ma porte, tôt ou tard.

J’en parlais hier au boulot, de cette fatigue dont je n’arrive à me débarrasser. Les filles semblaient dire que le stress au travail y était pour beaucoup. C’est vrai, elles ont raison. Mais je sais aussi que cet épuisement date de bien avant. Elles ont parlé de quelque chose, une maladie dont j’ai oublié le nom compliqué et dont les symptômes sont, entre autres, une grande fatigue quasi permanente et une hyper sensibilité à tout. La moindre contrariété, et c’est la déprime, et ce sont les larmes.

J’ai joué les fiers-à-bras en affirmant que non, ce symptôme-là, je ne l’ai pas. Que le moral va bien, merci.

J’ai menti.

J’y repensais hier soir, alors que je me détendais dans un bain chaud et réconfortant. Des baisses de moral, des larmes au bord des yeux, je dois en avoir dix fois par jour. Comme ça, sans raison. Avant, je mettais ça sur le compte des moments difficiles de ces dernières années, de ces deuils restant à faire. Aujourd’hui, je doute. Je me pose des questions. Je me demande si ces crises de déprime et d’anxiété ne viennent pas d’ailleurs, si la cause n’est pas plus physiologique.

Je crois que mon corps tente de me parler. Peut-être le temps est-il venu de ne plus faire semblant de l’ignorer. Et de l’écouter.

Quatre jours. Quatre journées de grisaille, de ciel bas, de pluie et d’humidité. Quatre longs jours tristes et déprimants où les journées se confondraient presque avec la nuit. L’hiver est bien parti, mais l’été a fait croire qu’il était arrivé alors qu’il n’a fait qu’une brève apparition… Et moi qui me languis des rayons du soleil, de la lumière, de la verdure.

Le manque de luminosité affecte directement mon moral. Quatre jours d’affilée de temps pluvieux, et c’est la grosse déprime. Tout m’ennuie, rien ne me passionne plus. La seule chose dont j’ai besoin, c’est de lumière.

Pauvre chose, vous dites-vous sans doute. Mais croyez-moi, ici, l’hiver laisse des traces au moral que seul le retour du beau temps parvient à effacer…

Le soleil est pour la fin de la semaine, paraît-il. Vite, il y a urgence, j’ai envie de me sentir revivre.

Savoir décrocher

Lundi 24 avril 2006

Après plus d’un mois et demi à essayer, j’ai enfin réussi à prendre une journée de congé. À l’arraché.

Drôle de sentiment que celui de me trouver ici, à la maison, alors que je sais les autres au travail. J’ai presque profité de mon lundi pour me reposer… je dis presque, car je me rends compte que je n’arrive pas à décrocher du boulot. D’ailleurs, le boulot semble avoir du mal à décrocher de moi : 5 coups de fil dans la journée. Les projets sont tous urgents, et lorsque l’on pense en arriver à bout, d’autres apparaissent, tout aussi pressés. D’ailleurs, le dernier coup de téléphone de ce soir était pour me demander si je peux arriver plus tôt demain matin, une réunion de dernière minute à huit heures.

Je n’aime pas ça. Ne plus penser à autre chose qu’au travail alors que je devrais m’occuper de mes affaires. Toujours avoir en tête les dossiers en cours, réfléchir à plein de trucs en même temps, stresser en me demandant si, en mon absence, mon équipe va faire ce qu’il faut.

J’ai honte de le dire, mais cet après-midi, je me suis même surpris à repenser presque avec envie à ces moments où j’étais sans travail et où j’avais tout mon temps pour moi. Je ne devrais pas me plaindre : il suffit que je relise certains de mes anciens billets pour m’en convaincre.

La période de rush devrait bientôt s’achever, dans environ un mois. D’ici là, il faut que je tienne le coup et que je profite de mes weekends pour me reposer et décompresser…

… et surtout, penser à débrancher le téléphone.

Page de pub

Dimanche 16 avril 2006

S’il y en a parmi vous qui désirent faire un tour du côté du Canada, au Québec plus précisément, et qui recherchent un coin tranquille où séjourner, un endroit typique, charmant et authentique, mon ami André peut combler vos exigences.

Une année complète pour restaurer une grande maison victorienne du XIXe siècle, et voilà un magnifique gîte rural prêt à accueillir les amoureux de tranquillité, de confort et de belles choses. Il a su faire de cette belle demeure un véritable havre de paix, décoré et meublé avec goût et raffinement.

standrews.jpg

Nous avons passé l’après-midi et la soirée d’hier à travailler sur son site, et les photos qui s’y trouvent traduisent parfaitement la douceur de vivre de cette maison-là. Je pourrais vous parler de l’endroit où se situe ce gîte (les Cantons de l’est, ma région préférée au Québec, de loin devant les Laurentides), de ce que l’on peut y faire tout au long de l’année, mais autant tout découvrir par vous-même en visitant le site en question. C’est par ici.

La seule chose que je peux vous dire et qui n’est pas mentionnée sur le lien web, c’est qu’André est un garçon charmant, délicat et attentionné et que ceux qui passeront un séjour chez lui apprécieront sa gentillesse et la qualité de son accueil, en plus de la beauté du lieu.

Allez, des vacances pas chères au Québec, c’est vraiment possible ! La seule contrainte est qu’il est interdit de venir dans notre province sans venir me dire bonjour ! Qu’on se le tienne pour dit !

Psychotinanimé

Dimanche 2 avril 2006

Je voudrais être ailleurs, au soleil, sur la plage immense d’une île déserte. J’ai envie de sentir le vent chaud sur mon visage et l’air salé envahir mes narines. Je veux pouvoir regarder l’océan scintiller à perte de vue en sachant que personne ne sait où je me trouve et que personne ne me trouvera. J’ai envie de rêver que je suis seul au monde, que rien d’autre n’existe.

Ou l’inverse. Laisser le monde tourner sans moi. Ne pas exister. Ne pas être. N’avoir jamais été. Enfant, je rêvais d’être une chose, un objet. Une pierre, une chaise, n’importe quoi d’inanimé. N’importe quoi d’éternel.

Enfant, la vie me pesait déjà. Aujourd’hui, je sais que ce n’est pas d’elle dont j’ai peur et qui m’effraie. Ce sont les autres. Ceux qui me ressemblent, ceux par qui je me vois et me reconnais, ceux par qui je me sens exister. Ceux par qui je me vois vivre de travers. Ceux par qui je me dois de vivre.

Je sais, je suis un lâche. J’ai peur de la vie par pure couardise. C’est ainsi dès la première seconde où j’ai vu le jour et ça le restera jusqu’au dernier instant.

Ne me jetez pas la pierre, elle ne mérite pas tel traitement, bien au contraire. C’est à cette chose-là, déshumanisée, désincarnée et intemporelle que je voudrais ressembler. Pour rouler au rythme d’une vague, au soleil, sur la plage immense d’une île déserte.

Abonnez-vous sur iTunes.1:37

Oublier, ne pas oublier

Samedi 1 avril 2006

J’aurais parfois, assez souvent même, l’envie de vous me parler d’eux. Parce qu’ils sont toujours là, quelque part, au coin de ma tête, qu’ils sont dans mon miroir, dans mes gestes, dans le son de ma voix, dans mon écriture, dans ma démarche, dans la couleur de mes yeux.

Pourtant, je me retiens. Pourtant, j’ai peur.

Peur des larmoiements, des doléances, de la compassion, du malaise. Pas chez moi, non. Chez vous. Chez moi, c’est plutôt la crainte de voir les autres penser que décidément, je ne m’en remets pas. Ce qui serait faux. Ce qui serait vrai. Ce qui serait surtout ce que je ne veux pas que l’on pense, ce que je ne voudrais pas lire.

J’aimerais dire comment elle est partie, comment il l’a suivie. Je sais combien le travail serait difficile, mais je sais combien je serais soulagé d’avoir sorti ça de moi. Sauf que tout le monde ne peut comprendre ça. C’est d’ailleurs assez normal, je ne blâme personne, mais je n’ai pas envie de ça.

Je me souviens ce que ma mère me disait et que je ne comprenais alors pas…

« J’oublie le visage de ma mère, j’oublie le son de sa voix, j’oublie ce qu’elle était et ne me souviens que du vide ».

Maintenant, je comprends ce qu’elle voulait dire. Moi aussi, j’ai peur d’oublier l’essentiel.