Mort de trouille

Mardi 18 juillet 2006

Ça donne quoi des amis qui passent un dimanche au parc d’attractions La Ronde de Montréal ? Ça donne moi qui hurle comme un malade dans Le Monstre, le plus grand roller coaster double en bois du monde. Un classique.

Impressionnant ? C’est vrai, mais ce n’est tellement rien comparé au Goliath, la nouvelle attraction de cette année…

…Le nouveau géant de fer de La Ronde a plus de 53 mètres de haut, dépassant ainsi le Monstre de treize mètres et le Vampire de 21 mètres ! Après une chute initiale de plus de 52 mètres, les passagers parcourent un trajet de 1,2 km à une vitesse folle atteignant les 110 km/h pendant plus de trois minutes. Mentionnons que les passagers doivent mesurer au moins 1,37 mètre (4 pieds et demi) pour accéder à ce manège. Il est le 11e manège à sensations fortes de La Ronde…

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L’enfer. L’horreur. Après une lente montée qui permet d’admirer le paysage, les wagons plongent tombent chutent soudainement à la verticale, à vitesse vertigineuse. On ne voit plus les rails, juste la terre qui se rapproche à toute vitesse. C’est bien simple : j’ai cru mourir deux cents fois. Pourtant, les grands huit, les montagnes russes, j’adore ça, rien ne me fait jamais peur. Mais là, impossible d’ouvrir les yeux pendant toute la durée du parcours. C’est la première fois que je suis vraiment terrorisé dans un manège… une vraie mauviette.

Après avoir connu ça, je n’aurai plus jamais peur de rien, je peux vraiment mourir tranquille. Et hors de question de revivre ça avant au moins 250 ans, le temps nécessaire pour oublier ce que j’ai vu vécu.

En fait, non. On y retourne fin août.

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Ratatouille

Samedi 10 juin 2006

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Découvert ce matin, le prochain film d’animation des studios Disney/Pixar : Ratatouille.

Oui, Ratatouille, comme le plat méditerranéen du même nom. D’ailleurs, pour aider les Américains à bien prononcer le mot, on le décompose phonétiquement au générique : rat-a-too-ee.

Le film se déroule donc en France — à Paris plus précisément — et raconte l’histoire d’un rat épicurien vivant au Gusteau, célèbre restaurant gastronomique tenu par un grand chef plutôt excentrique. Les goûts de luxe du rongeur lui rendent sa quête quotidienne de nourriture périlleuse.

La bande-annonce laisse deviner un film drôle et sympathique dont les images de synthèse sont, comme toujours avec Pixar, magnifiques. Par contre, dès les premières images, tous les clichés possibles et imaginables sur la France, les Français et Paris sont là : l’accordéon en musique d’ouverture, une vue de la Seine et des quais qui font passer la ville pour une cité qui semble avoir découvert l’électricité et le confort moderne depuis peu (à noter au passage que la géographie de Paris a été revisitée : le Sacré-Cœur et la tour Eiffel se trouvent maintenant sur la même rive, le Louvre et le Grand-Palais sont à quelques mètres de distance et des coupoles ont poussées un peu partout… bref, une vision idéalisée de la capitale française qui doit bien faire triper les Amerloques).

Il est bien connu aux États-Unis que les Français sont des ploucs plutôt retardés. Il suffit pour s’en convaincre de voir les cuisines du fameux restaurant dont les fourneaux semblent tout droit sortis des maisons de nos arrières arrières arrières grands-parents. Bref, j’en passe, et des meilleures. Sans compter que nos amis ricains ne peuvent s’empêcher d’implanter leur culture partout dès qu’ils le peuvent. Ainsi, certaines scènes sont truffées d’anachronismes et d’erreurs qui, si l’on ne les perçoit pas de prime abord, sautent aux yeux et font bien rire lorsque l’on y prête un peu d’attention.

Je me suis amusé à prendre une photo tirée du film et à jouer au jeu des sept erreurs, juste comme ça, pour rire (cliquez sur l’image pour la voir en grand).

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Autant le dire tout de suite, des conneries, il y en a bien plus que sept. En voici quelques-unes :

— Visiblement, dans les restos chics, on utilise un couteau à viande pour couper du fromage.
— Le raisin roux qui accompagne le fromage, typiquement nord-américain.
— Et ces petites sauces d’accompagnement, elles servent à quoi ?
— En France, on ne mange que des fromages à pâte dure (aucun Brie, Bleu ou autre Munster, c’est trop fort et ça pue).
— Le café sur la table avant le fromage et/ou le dessert (tradition purement nord-américaine qui consiste à prendre du café n’importe quand pendant le repas).
— Les fromages à même le chariot (dans un restaurant de luxe, ça fait désordre).
— Une assiette à dessert dans chaque assiette principale ? À l’heure du fromage ?
— En France, la tradition veut que l’intérieur des couverts soit tourné vers le bas (les pointes des fourchettes touchent la nappe et la partie bombée des cuillères vers le haut). En Grande-Bretagne, c’est l’inverse. Et bien entendu, le couteau est toujours placé à droite de l’assiette. Visiblement, dans ce restaurant, on mange sans jamais rien couper : il n’y a aucun couteau sur la table dressée en arrière-plan.

Plus quelques petites autres choses que je vous laisse le plaisir de découvrir par vous-même (lisez la carte des fromages au début du film, vous constaterez que le fromage de brebis est fait avec du lait de chèvre, c’est bien connu !)

Allez, ne faisons pas la fine gueule, on ira quand même déguster cette ratatouille au ketchup en 2007 sans trop rechigner ! La bande-annonce du film est ici.

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Psychotinanimé

Dimanche 2 avril 2006

Je voudrais être ailleurs, au soleil, sur la plage immense d’une île déserte. J’ai envie de sentir le vent chaud sur mon visage et l’air salé envahir mes narines. Je veux pouvoir regarder l’océan scintiller à perte de vue en sachant que personne ne sait où je me trouve et que personne ne me trouvera. J’ai envie de rêver que je suis seul au monde, que rien d’autre n’existe.

Ou l’inverse. Laisser le monde tourner sans moi. Ne pas exister. Ne pas être. N’avoir jamais été. Enfant, je rêvais d’être une chose, un objet. Une pierre, une chaise, n’importe quoi d’inanimé. N’importe quoi d’éternel.

Enfant, la vie me pesait déjà. Aujourd’hui, je sais que ce n’est pas d’elle dont j’ai peur et qui m’effraie. Ce sont les autres. Ceux qui me ressemblent, ceux par qui je me vois et me reconnais, ceux par qui je me sens exister. Ceux par qui je me vois vivre de travers. Ceux par qui je me dois de vivre.

Je sais, je suis un lâche. J’ai peur de la vie par pure couardise. C’est ainsi dès la première seconde où j’ai vu le jour et ça le restera jusqu’au dernier instant.

Ne me jetez pas la pierre, elle ne mérite pas tel traitement, bien au contraire. C’est à cette chose-là, déshumanisée, désincarnée et intemporelle que je voudrais ressembler. Pour rouler au rythme d’une vague, au soleil, sur la plage immense d’une île déserte.

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Romance

Lundi 27 février 2006

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Ils sont jeunes, ils sont beaux, et ils s’aiment fort. Très fort.

Si, si.

2:20

Spectre

Mercredi 15 février 2006

Je suis ici, tout près de toi, mais tu ne me vois pas. Si tu tends la main, tu ne pourras pas me toucher. Je suis là, invisible. Je t’observe, je te surveille, sans que tu ne t’en aperçoives.

Tu peux parfois sentir ma présence sans t’en rendre compte. Juste un léger souffle sur ta nuque, une ombre fugace dans le reflet de ton miroir, un craquement quelque part dans ta maison.

Je suis là.

Je ne suis pas seul. Ils sont des milliers, des millions avec moi. Mais je suis le seul qui s’intéresse à toi. Parce que, sans le savoir, tu m’as appelé. Sans le vouloir, tu m’as sollicité, et maintenant, je suis juste là, près de toi, en toi. Tu sens cet air glacé ? C’est moi. Tu sens ce regard sur toi alors que tu es seul ? C’est moi. Tu sens cette odeur sèche ? C’est moi. Tu sens parfois ton poil se dresser sur ta peau ? C’est moi.

Je ne fais que t’observer, rien d’autre encore. Mais le moment viendra… crois-moi. Et tu sauras pourquoi tu m’as appelé.

Et tu le regretteras.

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Orage

Samedi 4 février 2006

J’aime me retrouver chez moi, sur mon île, en pleine nuit et me faire réveiller par le bruit de la pluie. J’aime ouvrir les volets et regarder le ciel immense et la lumière des éclairs qui l’anime. J’aime sentir le danger auquel la nature me confronte en sortant dehors, sous l’averse qui redouble, pour observer le spectacle. J’aime entendre le roulement du tonnerre qui n’en finit pas, et gronde comme pour me prévenir que je suis tout petit au milieu de rien. J’aime deviner le silence qui hurle autour de ce raffut assourdissant. J’aime voir la colère du ciel s’éloigner enfin à l’aube, lentement, en faisant rouler ses gros nuages noirs vers d’autres horizons. J’aime être au milieu du chemin et écouter la nature qui s’éveille doucement, puisque le jour s’en vient et que le danger s’en va. J’aime être là, debout, et fermer les yeux… me sentir vivant.

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Souvenirs…

Mercredi 1 février 2006

Sans doute à cause de l’éloignement, peut-être parce que je vieillis, je repense souvent à ces instants où j’étais plus jeune, où j’étais encore un enfant.

C’est drôle, mais il y a toujours beaucoup de lumière, beaucoup de soleil dans mes souvenirs, mais surtout cette sensation de fraîcheur, à la limite du froid, que j’ai l’impression de ressentir, comme si l’air frais d’un matin de printemps entrait par la fenêtre ouverte. La fenêtre de ma chambre d’enfant.

Je me souviens de plein de choses, des détails pour la plupart, mais qui sont très vifs à ma mémoire. Il y a aussi ces odeurs qui ne s’effacent pas. Je me souviens en particulier de l’odeur de l’eau de javel que ma mère devait utiliser pour laver les linos de l’appartement dans lequel nous habitions les sept premières années de ma vie. Aussi, l’odeur délicate de son parfum au creux de son cou, et léger sur son gilet.

C’est vraiment étrange, mais il y a toujours l’image de cette fenêtre ouverte laissant entrer la fraîche brise matinale, faisant doucement bouger les voilages, laissant entrer les sons extérieurs, les chants d’oiseaux pour la plupart, et ceux plus discrets de la vie dont n’importe quelle petite ville est animée.

Et puis aussi, la télévision en noir et blanc, son image déformée, typique des vieux postes des années soixante. Les émissions incontournables dont les génériques résonnent encore dans ma tête…

Et ce soir de 1979 où nous sommes revenus à la maison avec une télévision couleur. Je me souviens de mon émerveillement en découvrant ces images colorées, éclatantes. Le cinéma du dimanche soir, la publicité, le générique d’Antenne deux.

Je me souviens tellement de tout…

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Fin des émissions

Samedi 21 janvier 2006

C’est étonnant comme mon billet précédent fait écho à certaines choses qui se produisent quasiment simultanément.

Oui, je suis orgueilleux. Oui, j’ai un amour-propre. Et surtout, oui, je ne supporte pas l’échec. Je n’aime pas ne pas réussir quelque chose que j’entreprends, et quand je sens que je ne suis pas capable de faire quoi que ce soit, je préfère ne pas commencer.

Mais parfois, il faut agir pour se rendre compte que l’on est pas à la hauteur. Ou pour se le faire dire. Comme le podcast par exemple.

J’avais depuis un certain temps envie d’essayer ce moyen d’expression insolite, mais ma gène et ma timidité étaient difficile à surmonter. Pourtant, la curiosité de tenter quelque chose de nouveau a pris le dessus, et je me suis lancé, non sans crainte.

J’y ai pris du plaisir, j’y ai pris goût. Évidemment, c’était loin d’être parfait, ce qui pour un perfectionniste comme moi, est assez difficile à supporter. Malgré tout, j’ai continué, encouragé par certains d’entre vous. Et puis, il y a des choses que l’on ne peut écrire mais que l’on peut dire. La voix module les mots et fait passer des choses que la plume ne pourra jamais retranscrire. C’est ce que j’aimais, c’est ça qui me plaisait. Parler de tout, parler de rien, juste parler. Même à presque personne, juste pour le jeu, pour l’émotion.

Mais une fois le plaisir de la découverte passé, l’amateurisme et le manque de moyen, déjà présents dès les premiers enregistrements, se sont fait de plus en plus sentir… jusqu’au jour où ça devient un vrai problème, au point où ceux qui maîtrisent, ceux qui contrôlent, vous le font remarquer et en rient.

Ce qui était un jeu, un passe-temps agréable, devient honteux. Un peu comme une fille laide qui met une jolie robe pour aller au bal et qui fait rire d’elle. Ou d’un bègue dont on se moque. J’avoue que j’ai eu peu de mal avec ça. Je suis orgueilleux, je vous le rappelle.

Je préfère donc cesser ces enregistrements, dont l’audience infiniment confidentielle n’était de toute façon pas à la hauteur de l’énergie nécessaire pour les réaliser. Me reste ce carnet, dont je ne sais que faire.

Pour ceux qui m’écoutaient, j’ose espérer que vous saurez me pardonner. Vos oreilles méritent mieux, de toute façon.

Héros

Vendredi 20 janvier 2006

J’inaugure ici un nouveau format de podcast : les « Réflexions flash ». Un enregistrement très court, un instantané sonore élaboré, fardé comme un comédien de théâtre, avec décors et costumes. En fait, ceci est mon dernier podcast. Il n’y en aura pas d’autres, je ne suis visiblement pas fait pour ce moyen d’expression-là.

J’ai un problème dans la vie. Un gros problème. Je veux toujours faire des choses extraordinaires. Le quotidien m’ennuie. Je veux toujours de l’insolite, du pas banal, de l’unique. Je veux me démarquer par mes actions, par mes idées.

Mais j’ai un autre problème : je suis paresseux.

Alors, j’ai trouvé la solution. Je me sers de ma tête, j’utilise mon imagination. Ce n’est pas fatigant, ça ne coûte rien, et ça résout tout mes problèmes.

Il suffit que je m’imagine faire quelque chose hors du commun, une chose que j’aimerais vraiment faire dans la vraie vie, mais je la réalise mentalement.

Ça ne me prend que quelques minutes, voire que quelques secondes… Mais à la fin, j’ai accompli un acte héroïque, un exploit incroyable, une chose fabuleuse. Tout le monde m’admire, tout le monde m’aime. Et je suis un héros.

Je suis un héros.

Abonnez-vous sur iTunes.2:47

RP dans iTunes

Mardi 17 janvier 2006

Réflexions polymorphes référencé dans iTunes

C’est à croire qu’il suffisait d’en parler pour que ça arrive : le type de chez iTunes m’a envoyé un courriel aujourd’hui pour m’annoncer que le problème concernant mon podcast avait été arrangé et qu’il apparaît maintenant dans iTunes.

Donc, il suffit maintenant d’inscrire « Réflexions polymorphes » dans le champ de recherche des podcasts dans iTunes pour me trouver et s’abonner. Ou, plus simplement, de cliquer sur l’icône dans la barre d’en-tête et vous serez automatiquement dirigé dans iTunes vers le podcast. Ou encore en pied de page de ce carnet.

Voilà une bonne chose de faite, je suis bien content.